Date de publication : 02/04/2025
Parcourir les océans en repoussant les limites de la performance en Class40 et en promouvant une approche responsable de la voile : c’est la mission que se sont donnée deux navigateurs passionnés, Christian Kerl et Patrice Pou-Pupp, avec le projet Blue Planet Racing Team.
Pour les lecteurs de notre site, Christian – dit « Chris » – a accepté de répondre à plusieurs de nos questions.
Chris, pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours en tant que navigateur ?
« Je suis originaire du sud de l’Allemagne et j’ai 55 ans. Depuis mon plus jeune âge, j’ai un attrait particulier pour la mer. J’ai commencé à naviguer sur les lacs allemands où je naviguais sur de petits dériveurs. Et ma passion s’est amplifiée avec le temps !
À 22 ans, j’ai acheté mon premier voilier d’occasion, en Turquie. J’ai vécu à bord de ce bateau pendant une année, naviguant entre la Méditerranée orientale et la Norvège, et savourant ce mode de vie et de déplacement silencieux. »
Comment avez-vous découvert la course au large, et plus particulièrement la Class40 ?
« Ma transition vers la course au large s’est faite progressivement. En 2019, alors que je cherchais un bateau qui allie performance et accessibilité, j’ai acheté mon premier Class40 : un Pogo40 S1.
J’ai convoyé le voilier de la côte Atlantique jusqu’en Grèce, puis j’ai participé à ma première course : l’Aegean 600. Contre toute attente, mon partenaire et moi avons terminé deuxième en double !
Ce résultat a éveillé en moi une véritable passion pour la compétition. »

« Par la suite, j’ai participé à d’autres courses et j’ai travaillé intensément sur la mise en conformité de mon bateau, avec les nouvelles normes de la Class40. Le processus est exigeant, mais il est obligatoire pour pouvoir prendre part aux régates officielles. »
Pouvez-vous nous présenter votre bateau actuel, Aquamarin ?
« Après mes premières expériences en course au large, j’ai cherché un second Class40, plus moderne, pour poursuivre mes ambitions. À Lorient, j’ai trouvé Aquamarin : un Pogo 40 S3 conçu par le cabinet d’architecture Finot-Conq et mis à l’eau par le chantier Pogo Structures en 2014. Il correspondait parfaitement à mes attentes en termes de budget et d’objectifs sportifs.
Le monocoque de 40 pieds avait déjà un pedigree impressionnant : il avait déjà participé à plusieurs courses transatlantiques, démontrant chaque fois sa performance, sa robustesse et sa rapidité. C’est un bateau bien équilibré et parfaitement adapté aux défis du large. »

« Depuis l’acquisition avec Patrice, co-skipper, nous avons réalisé plusieurs modifications pour optimiser les performances d’Aquamarin. Voici plusieurs travaux qui ont été réalisés à Port Napoléon, aujourd’hui port d’attache du bateau :
- La certification Class40
- La pesée du bateau
- Le test 90°
- L’augmentation de la flottabilité
- Le remplacement du gréement
- L’étai textile
- L’antifouling complet renouvelé et pulvérisé à neuf. »
Quels sont vos objectifs de course pour les prochaines années ?
« Patrice et moi avons un programme de course ambitieux, structuré autour de plusieurs grandes échéances :
- En octobre 2025, la 17ème édition de la Transat Café L’OR (ancienne Transat Jacques-Vabre, connue aussi sous le nom de Route du Café ndlr), ou la course en double la plus importante au monde
- La 13ème édition de la Route du Rhum, en 2026.
La Transat Café L’OR est notre objectif majeur pour le moment : c’est une course mythique, en double, qui exige une préparation rigoureuse et une excellente cohésion entre les skippers. Pour obtenir notre qualification, nous devons effectuer au moins une course de plus de 1000 milles nautiques (1852 km de distance ndlr) ainsi que plusieurs régates plus courtes. Nous prévoyons de participer à toutes les courses du Trophée Class40-Méditerranée !
Autre épreuve, le financement est notre plus grand défi : nous devons réunir environ 100 000 euros pour couvrir les frais liés à cette course. Nous sommes donc activement à la recherche de sponsors. »
Peut-on en savoir plus sur les engagements environnementaux de votre projet ?
« Le monde de la voile est naturellement tourné vers une approche durable : nous naviguons avec le vent, sans moteur, et nous nous efforçons de limiter notre impact environnemental en optimisant notre consommation de ressources.
À bord d’Aquamarin, le Class40 #135, Patrice et moi voulons aller plus loin : nous souhaitons montrer qu’il est possible d’allier performance et respect de l’environnement. Notre projet vise à sensibiliser le grand public aux enjeux environnementaux, tout en prouvant qu’une course de haut niveau peut être menée dans le respect de la nature.
Dans cette démarche, Blue Planet Racing Team soutient différentes initiatives de protection des océans comme celles d’Ocean Care – une organisation qui œuvre pour la préservation de la biodiversité marine, et en particulier des cétacés. »
Pourquoi avoir choisi Port Napoléon comme port d’attache pour Aquamarin ?
« J’ai découvert Port Napoléon il y a plusieurs années, grâce à un ancien co-skipper : celui-ci avait lui-même fait le choix d’amarrer son Pogo 10.50 à Port Napoléon, et me recommandait le lieu.
À Port Napoléon, j’ai apprécié la qualité des infrastructures, en particulier pour l’hivernage, la manutention et les travaux de maintenance. Les bers sont d’une stabilité remarquable, ce qui est un critère fondamental lorsqu’on travaille sur un bateau de course !
L’ambiance très agréable du port est aussi un atout : l’atmosphère est chaleureuse et familiale, l’équipe technique est compétente et toujours disponible pour apporter son aide. Pour gérer un projet comme Blue Planet Racing Team, c’est un véritable plus.
Enfin, la situation géographique est idéale pour nous : nous sommes parfaitement situés pour réaliser nos entraînements, et à quelques encablures seulement des départs de courses méditerranéennes. »

Qu’aimeriez-vous transmettre à travers votre projet ? Avez-vous un message à faire passer ?
« Au-delà de l’aventure sportive, Blue Planet Racing Team représente une vision et une philosophie de la navigation. Nous voulons montrer qu’il est possible de vivre ses rêves sans poursuivre des objectifs égoïstes, en progressant avec la nature, dans la nature, et en la traitant avec le plus de respect possible. On peut réaliser de grandes choses avec passion, engagement et respect de l’environnement ! »

« Nous espérons inspirer d’autres navigateurs et passionnés. Nous invitons tous ceux qui souhaitent suivre notre aventure à nous rejoindre et à soutenir notre projet ! »